Lors de son discours de rentrée politique, dimanche 13 septembre 2026 à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Marine Le Pen a placé le logement au rang de « grand chantier » d’un éventuel quinquennat.

La candidate du Rassemblement national (RN) à l’élection présidentielle de 2027 y a décliné une « priorité nationale » : priorité d’accès au parc HLM pour les Français, réservation des aides personnelles au logement (APL) aux nationaux, abrogation de la loi SRU, vente d’une partie des HLM, expulsion de « familles délinquantes », suppression du zéro artificialisation nette (ZAN) et assouplissement du diagnostic de performance énergétique (DPE).
Dès le lundi 14 septembre, Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale pour l’habitat (USH), a qualifié la réserve des logements sociaux aux Français de « lubie xénophobe ». Bailleurs, associations de locataires, élus de gauche et de droite, ainsi que des vérifications chiffrées de BFMTV et de la presse, ont depuis confronté les affirmations du RN aux données d’attribution et à la réalité d’une file d’attente record — environ 2,9 millions de demandes.
Un discours de rentrée centré sur le logement
Devant ses sympathisants du Pas-de-Calais, Marine Le Pen a affirmé que le logement n’était « pas un dossier parmi d’autres » et qu’il fallait ramener la situation « à la normale en cinq ans ».
« Nous devons donner la priorité d’accès au logement social aux Français et leur réserver le bénéfice des APL. »
Elle a présenté cette orientation comme un « droit naturel et juste », en assurant que les Français, « quelles que soient leur couleur de peau ou leur religion, leur origine ou leur résidence », seraient « prioritaires chez eux ».
La candidate a avancé que « 70 % des Français sont éligibles au parc social et seulement 11 % en bénéficient ». Dans un article de vérification publié le 15 septembre, BFM Business précise que 72 % des Français sont éligibles au seul critère des ressources, mais que cette part tombe à 37 % une fois exclus les propriétaires de leur résidence principale, inéligibles de fait au parc social. La source et le périmètre exacts des chiffres cités dans le discours ne sont pas détaillés dans les retranscriptions disponibles.

HLM, APL, SRU, ventes et expulsions : le paquet proposé
Outre la priorité d’attribution et la réservation des APL, Marine Le Pen a rappelé plusieurs marqueurs programmatiques : abroger la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain, 2000), qui impose à de nombreuses communes urbaines un quota de 20 % ou 25 % de logements locatifs sociaux ; vendre « un certain nombre de HLM aux Français » ; expulser les « familles délinquantes » du parc social ; mettre des terrains publics à disposition des constructeurs sous condition de loyers modérés ; transformer des bureaux vacants (elle a évoqué « 9 millions de m² » selon Échos Plus) ; et encadrer les locations touristiques de courte durée.
ZAN, DPE et remplacement de MaPrimeRénov’
Sur le volet construction et rénovation, Marine Le Pen a promis de supprimer le « zéro artificialisation nette », issu de la loi Climat et résilience de 2021, et de réduire le DPE à « un simple élément indicatif », en mettant fin aux restrictions de location liées aux classes énergétiques.
Selon le calendrier rappelé par Échos Plus (Service Public), les logements classés G ne peuvent plus être loués en métropole depuis le 1er janvier 2025 ; l’interdiction doit s’étendre aux F en 2028, puis aux E en 2034. La candidate a évoqué « des centaines de milliers » de logements déjà concernés et plus d’un million menacés à l’échéance 2028 — volumes présentés comme son évaluation, non comme une prévision administrative.
Elle propose également de remplacer MaPrimeRénov’ par un prêt à taux zéro baptisé « 100 % rénov ». Sébastien Chenu a avancé sur RTL un coût « à peu près » de 300 millions d’euros pour ce mécanisme, contre « plus d’un milliard » pour MaPrimeRénov’. La RE2020 a aussi été ciblée : Marine Le Pen l’accuse d’avoir « fait exploser le coût de la construction ».

Ce que disent les chiffres d’attribution
Le débat porte largement sur l’interprétation des statistiques. Les responsables RN (Jordan Bardella, Laurent Jacobelli) s’appuient, selon BFMTV, sur des données du ministère de l’Intérieur : en 2022, 30 % des immigrés vivant en France habitaient un HLM, contre 11 % des non-immigrés. Le ministère précise lui-même que cette surreprésentation « peut être liée à leurs plus faibles revenus, mais aussi à la plus grande taille de leur ménage ».
Sources : Le Journal du Siècle
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