« Mourir pour Kiev » : les propos chocs de Macha Méril sur LCI

Depuis le 16 septembre 2026, un clip titré « Macha Méril veut que vous alliez mourir pour l’Ukraine » circule massivement sur X.

L’extrait, présenté comme issu d’une intervention de l’actrice sur LCI, lui attribue des formules martiales — « leur rentrer dans le chou à ces Russes », « Macron avait raison, il faut y aller », « Nous sommes en guerre », l’appel à ce que « chaque armée » parte « au front en Ukraine », et « On peut mourir pour Kiev ».

Au-delà de la géopolitique, la séquence pose une question de société : comment une personnalité du spectacle, relayée hors plateau, radicalise le débat public sur l’engagement militaire et la place de la jeunesse, à la frontière entre opinion et propagande de guerre, sans contre-argumentaire face à ces demandes incessantes.

Smartphone tenu dans une main montrant un fil d’actualité abstrait flou, carte Europe stylisée sans labels en arrière-plan

Une trajectoire médiatique déjà engagée sur l’Ukraine

Macha Méril, née Maria-Magdalena Vladimirovna Gagarina, issue d’une famille aristocratique russe réfugiée en France après 1917, intervient depuis 2022 comme figure « concernée » : lien familial avec l’Ukraine fertile d’avant-guerre, présidence d’honneur du Festival du film russe de Paris, refus d’amalgamer culture russe et politique du Kremlin.

Dès le 25 février 2022, sur le plateau de « C à vous » (France 2), elle appelle le peuple russe à « se débarrasser de Poutine », dénonce la « désinformation » et les « fake news », et distingue l’armée du peuple — propos rapportés notamment par Marie France. Sur RMC, le 27 février 2022, elle critique Gérard Depardieu pour son soutien à Vladimir Poutine et réaffirme que « Personne n’est au courant en Russie ». En novembre 2022, invitée de BFM Story, elle affirme ne croire « qu’à la défaite » de la Russie. Dans Point de Vue (mars 2022), elle martèle : « L’Ukraine n’est pas un bout de la Russie ! »

Plus récemment, alors qu’Emmanuel Macron évoquait le réarmement face à la menace russe, Marie France rapporte une intervention sur BFMTV où l’actrice salue la « cohésion que constitue cette menace militaire » — « tout d’un coup, la France va s’aimer » — et se félicite des « témoignages de jeunes qui sont disposés à s’engager », jugeant cela « formidable ». Ces formules, déjà virales à l’époque, avaient valu des critiques sur X pointant un décalage générationnel : une personnalité octogénaire célébrant l’engagement de jeunes qu’elle n’enverrait pas elle-même au feu.

Le clip de septembre 2026 s’inscrit donc dans une continuité rhétorique — soutien à Kiev, hostilité à Poutine, valorisation de l’engagement — mais, si le verbatim attribué est exact, il franchirait un cran supplémentaire : de la cohésion nationale à l’appel explicite à « partir au front » et à « mourir pour Kiev ».

Jeunesse, armée, consentement : ce que disent les enquêtes

Le titre viral interroge directement « la jeunesse française ». Or les données disponibles dessinent un tableau plus complexe qu’un enthousiasme guerrier unanime.

Une étude IRSEM/DGRIS menée par la sociologue Anne Muxel (enquête Ipsos auprès de 2 301 Français de 18 à 25 ans, juin-juillet 2023, publiée en 2024), largement reprise par Le Parisien, Les Échos, Le Figaro ou 20 Minutes, indique que 57 % des jeunes se disaient prêts à s’enrôler « en cas de guerre », et 51 % prêts à s’engager si la protection de la France nécessitait une implication dans la guerre en Ukraine. Mais seuls 31 % se déclaraient favorables à un déploiement de troupes françaises en Ukraine — contre 17 % chez les 50 ans et plus. Autrement dit : disposition défensive perçue, mais réserve nette sur l’envoi de soldats sur le théâtre ukrainien.

Sources : X / LCI / Le Journal du Siècle



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