Niger : un site d’Areva et une base militaire ciblés par deux attaques-suicides

Mine d'uranium d'Arlit, au Niger

Deux attentats-suicides à la voiture piégée ont visé le camp militaire d’Agadez et un site d’Areva à Arlit au Niger jeudi 23 mai.

Revendiqués par le Mujao, ces attaques ont fait un mort et au moins 14 blessés sur le site d’Arlit et 19 morts dans le camp militaire d’Agadez.

« Il y a eu une explosion devant le camp militaire d’Agadez, due à un véhicule bourré d’explosifs. Les assaillants ont été neutralisés », a déclaré le ministre de la défense nigérien Mahamadou Karidjo, ajoutant : « Ce sont des ‘peaux rouges' », faisant allusion à des membres des communautés touareg ou arabe.

Pratiquement au même moment, un 4×4 bourré d’explosifs a explosé sur un site de la compagnie nucléaire française Areva à Arlit, faisant des blessés, a indiqué un employé de la Somaïr, l’une des sociétés d’Areva exploitant l’uranium dans la zone.

« Un homme en treillis militaire conduisant un véhicule 4×4 bourré d’explosifs s’est confondu aux travailleurs de la Somaïr et a pu faire exploser sa charge devant la centrale électrique de l’usine de traitement d’uranium située à 7 kilomètres d’Arlit », a-t-il affirmé.

Quatre kamikazes sont morts dans l’explosion. Une prise d’otage est toujours en cours, menée par un cinquième kamikaze qui s’est enfermé dans un local avec des otages élèves officiers en formation à Agadez, a confirmé le ministre de l’Intérieur.

Le groupe jihadiste Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) a revendiqué l’attaque.

« Grâce à Allah, nous avons effectué deux opérations contre les ennemis de l’islam au Niger », a déclaré Abu Walid Sahraoui, porte parole du Mujao. « Nous avons attaqué la France et le Niger pour sa coopération avec la France dans la guerre contre la charia. »

Le Niger est engagé au sein de la force africaine au Mali déployée à la suite de l’offensive lancée en janvier par l’armée française contre les groupes islamistes, dont le Mujao.

En janvier, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avait donné son accord pour envoyer des forces spéciales pour protéger les sites d’exploitation d’uranium d’Areva au Niger, à Imouraren et Arlit.

L’extraction d’uranium au Niger, qui représente environ 20 % des besoins français, est stratégique pour Areva, tant pour l’alimentation des centrales nucléaires françaises que pour la vente de cette matière à ses clients étrangers. Areva emploie environ 2 700 salariés au Niger, dont 98 % sont des Nigériens. Une trentaine d’expatriés travaillent sur les sites d’Imouraren et Arlit.

Ces attaques ont lieu alors que les tractations sont toujours en cours entre la France et le Niger pour l’exploitation par Areva de la mine d’uranium géante d’Imouraren, dans le nord du Niger.

Par ailleurs, Areva au Niger fait l’objet depuis 2003 d’une controverse due aux enquêtes menées sur le terrain par la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), Greenpeace et Sherpa, autour de ces mines dont provient la quasi-totalité de l’uranium nécessaire aux centrales nucléaires françaises.

Selon les ONG, la filiale d’Areva ne respecte pas les normes de protection contre la radioactivité ni pour les mineurs ni pour la population riveraine. La Criirad avait également mis en évidence une forte contamination de l’environnement des sites miniers.

Sources : Le Monde / Libération / Le Journal du Siècle



Catégories :AQMI, Areva, Attentats, France, Niger, Nucléaire

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