Un grand cru de Saint-Emilion passe sous pavillon chinois

Les chinois montent en puissance à Bordeaux. Jusqu’à présent amateurs de grandes bouteilles, ils achètent désormais les propriétés. Ainsi Château Bellefont Belcier, un grand cru de l’appellation Saint-Emilion, vient d’être acquis par un mystérieux investisseur chinois, pour un prix non communiqué.

Un tournant dans l’histoire du vignoble auquel la Chine fait les yeux doux, devenant en moins de 10 ans la première destination à l’export des vins de Bordeaux. Après avoir multiplié les rachats de « petits châteaux », c’est la première acquisition d’une propriété renommée, appartenant au classement des meilleurs crus de Saint-Emilion.

« Après avoir appris avec de petites transactions qui vont d’ailleurs continuer car elles permettent d’alimenter le marché chinois avec des volumes, c’est la phase 2 : des achats de qualité qui apporte un standing et une garantie à la revente. C’est d’ailleurs très bénéfique pour Bordeaux qui voit ses vins valorisés en Chine», résume Jean-Luc Coupet, associé gérant de Wine Bankers.

Certes, Château Bellefont Belcier n’appartient pas au haut du classement homologué au début du mois, avec 18 « premiers grands crus classés » sur lesquels règnent les stars Cheval Blanc, Ausone et désormais Pavie et l’Angelus. Il fait partie des 64 « grands crus classés » qui juste derrière constituent le gratin de l’appellation. D’autant que ses vignes, d’un seul tenant, jouxtent celles des meilleurs comme Pavie ou Larcis Ducasse. Si le montant de la transaction n’a pas été dévoilé, on peut l’estimer puisqu’elle portait sur 20 hectares, dont 13 plantés, avec un prix à l’hectare compris entre 300.000 euros pour l’hectare de Saint-Emilion générique et 1 million d’euros pour les grands crus.

La propriété qui avait failli être acquise par un Russe il y a cinq ans, était détenue depuis 1994 par trois personnes, Jacques Berrebi fondateur de Téléperformance, Alain Laguillaumie et surtout Dominique Hébrard une figure du vignoble bordelais dont la famille possédait jusqu’en 1999 château Cheval Blanc revendu pour 131 millions d’euros à Bernard Arnault et Albert Frère. S’il possède toujours personnellement une autre propriété du Saint Emilion, château Trianon, il est surtout PDG de la société de négoce Hébrard SA qui possède également des vignobles le Château de Francs et un vignoble au Liban Massaya Winery dans la plaine de la Bekaa.

Du nouveau propriétaire, « Monsieur Wang », on sait juste qu’il a 45 ans et est « propriétaire de 1% du minerais chinois », selon l’agence bordelaise Franck Lacoste. Dès lors tous les spécialistes s’attendent à d’autres annonces puisqu’une dizaine de dossiers sont déjà en négociation.

Sources : Les Echos / Le Journal du Siècle



Catégories :Chine, Consommation, Vin

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1 réponse

  1. Les crus et grands crus ne devraient pas être cessibles. Tout n’est pas à vendre. De même que personne ne devrait pouvoir acheter des terres ou du terrain à l’etranger (cf Afrique, les terres cultivables achetées, les peuples chasés). Pleins de formules juridiques peuvent être établies pour donner des accès temporaires, limités.

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