Guerilla urbaine à Amiens à coups de mortiers et de chevrotines

Des affrontements très « violents » entre une centaine de jeunes et les forces de l’ordre dans la nuit de lundi à mardi 14 août dans les quartiers d’Amiens-Nord ont fait 16 blessés parmi les policiers qui ont essuyé des tirs de chevrotine, de mortier et des jets de projectiles. Les violences de la nuit ont causé plusieurs millions d’euros de dégâts.Des automobilistes ont également été agressés  lors de « car-jacking ».

Tout a commencé dimanche soir, vers 20 h 30, lorsqu’un riverain prévient les forces de l’ordre qu’une voiture est en train de livrer plusieurs jeunes, toujours en scooter, en mortiers. La police intervient et les premiers affrontements éclatent. Les CRS (qui ont pris le relais des gendarmes mobiles) essuieront une vingtaine de tirs de mortiers, dont l’un blessera un des fonctionnaires. Partout dans le quartier, des poubelles et des véhicules sont incendiés. Des projectiles de toute sorte sont lancés contre les policiers.

La situation s’envenime vraiment vers 23 heures. La BAC veut arrêter un automobiliste qui remonte un sens interdit. Mais le jeune homme ne s’arrête pas immédiatement et immobilise son véhicule dans la très chaude rue Fafet. Là où une famille est en train de pleurer la mort d’un jeune de 20 ans décédé lors d’un accident de scooter.

Selon la préfecture, la présence policière en ces lieux, à ce moment-là, n’aurait pas été appréciée de la famille endeuillée, jusqu’à ce que cela tourne à l’affrontement. Des affrontements qui ont choqué la famille endeuillée qui a manifesté hier avant d’être reçue à la préfecture. Le préfet a demandé l’ouverture d’une enquête administrative pour faire toute la lumière sur ces heurts, rue Fafet.

 

 

Depuis, de nouveaux incidents ont éclaté hier vers 21 h dans cette même rue. Selon la préfecture de la Somme, une centaine de jeunes rassemblés dans le quartier d’Amiens-Nord ont commencé, lundi soir vers 21 heures, « à harceler les forces de l’ordre venues sécuriser le quartier après des heurts dimanche soir ».

 

http://www.dailymotion.com/video/xst0v6_amiens-nuit-d-affrontements-entre-jeunes-et-policiers_news

 

A Fafet, trois barricades faites de poubelles enflammées et de grilles de chantier barraient complétement l’accès à la rue. Dans la foulée, le propriétaire d’un Renault Scénic noir s’est fait voler sa voiture, aussitôt incendiée au carrefour Jacques-Duclos. Les incendiaires se sont jetés sur les voitures suivantes pour tenter de les arrêter. Deux arriveront à vite fuir de cette mauvaise posture.

« Trois automobilistes ont été pris à parti, dont un très violemment : ils ont été forcés de descendre de leur véhicule, retrouvé incendié dans le quartier quelques heures plus tard », rapportent nos confrères de France 3 Picardie.

La violence a atteint son paroxysme quand une voiture, remplie d’essence selon nos informations, a été projetée vers les policiers et que l’école maternelle Balzac a, elle aussi, été incendiée.

 

« Il y avait de la fumée. Ça faisait des flammes gigantesques. Ça n’arrêtait pas d’exploser, c’était vraiment impressionnant », raconte une habitante du quartier sur Europe 1.

« Les gens étaient rougeoyants. Les policiers tiraient au flash-ball tandis que les gamins répliquaient au mortier. Ça faisait des feux d’artifice verts, rouges… », poursuit la jeune femme, encore impressionnée par les événements de la nuit.

Les forces de l’ordre ont répliqué avec des gaz lacrymogènes et des tirs de gomme-cogne sans faire de blessé, a ajouté la préfecture. Les 110 à 150 policiers présents sur place n’ont procédé à aucune interpellation. Seize policiers ont été blessés par des tirs de chevrotine et de mortier de feux d’artifice et des jets de projectiles.

Finalement, vers 2 heures du matin, les heurts se sont estompés et le quartier a totalement retrouvé son calme vers 4 heures du matin.

 

 

Le quartier d’Amiens-Nord connaît régulièrement des incidents, « mais jamais de cette gravité, avec trois bâtiments publics en partie détruits », a souligné la préfecture.

Le maire d’Amiens, Gilles Demailly (PS), évoque une « scène de désolation », avec « partout des poubelles et des voitures brûlées », mais aussi des bâtiments publics touchés « pour la première fois », dont une école maternelle en partie incendiée et complètement saccagée, un centre sportif entièrement détruit, un centre de loisirs, ainsi qu’un local d’un collège.

« Pour moi, c’est l’anéantissement. Je ne sais pas quoi dire, il n’y a pas de mots pour exprimer ce qu’on ressent quand on arrive sur son lieu de travail et que tout est anéanti », a réagi Sylvie Ramet ce matin, directrice de l’école incendiée, sur BFM-TV.

« Quand est-ce que ça va s’arrêter, on n’en peut plus », a réagi un autre habitant du quartier qui promenait son chien mardi matin au milieu des carcasses de voitures calcinées.

 

Ce matin, les GG de RMC abordaient le sujet des troubles à Amiens. Alors que Sophie de Menthon et un policier présent à Amiens évoquent une situation de quasi guerre civile, Etienne Liebig et Xavier Denamur parlent de simples troubles liés à une situation de désespérance sociale.

 

 

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a promis la «plus grande fermeté» de la part du gouvernement contre les auteurs de «ces faits inacceptables». François Hollande a promis de mettre en oeuvre « tous les moyens de l’Etat » pour lutter contre les violences, estimant que la sécurité est une « obligation » pour les pouvoirs publics.

 

« Si cela se confirme que des fonctionnaires chargés de défendre la loi se sont fait tirer dessus à la chevrotine par des voyous, c’est totalement inadmissible, et il est évident que moi j’attends du gouvernement une réponse très ferme », a déclaré Thierry Mariani, chef de file de la Droite populaire (UMP) sur BFM-TV.

« L’explication réside dans le laxisme et le laisser-faire qui caractérisent tous les gouvernements : il n’y a jamais eu de karcher sous Nicolas Sarkozy, mais un petit vaporisateur, et ce ne sont pas les malheureuses « ZEP de la sécurité » de Manuel Valls qui régleront le moindre problème », a réagi le Front national dans un communiqué.

 

Manuel Valls a été hué à son arrivée mercredi 14 août à la mairie de quartier d’Amiens-Nord, où il était en visite, quelques heures après les violences urbaines.

Arrivé à la mairie de quartier peu après 15h30, le ministre de l’Intérieur a été apostrophé par plusieurs riverains, dont Youssef, 25 ans, qui a demandé au ministre de « répondre à ses questions »: « Arrêtez de fuir, rendez-nous nos droits », lui a-t-il lancé, en compagnie d’autres habitants. Manuel Valls s’est refusé à répondre et est directement rentré dans les locaux de la mairie de quartier.

« Rien ne saurait justifier ces violences », a déclaré le ministre à propos des échauffourées de la nuit. « Est-ce qu’on peut aujourd’hui admettre qu’on utilise des armes contre les forces de l’ordre ? » Manuel Valls a ensuite insisté sur l’incendie d’une maternelle : « C’est intolérable ». « L’ordre républicain doit retrouver toute sa place », ajoute le ministre, pour qui les habitants du quartier « sont les premières victimes ».

 

Source : Le Courrier Picard / Le Parisien / Le Nouvel Obs / Europe 1 / RTL /Le Monde / Direct Matin / France Télévision / RMC



Catégories :Amiens, Présidence Hollande, Violences urbaines

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7 réponses

  1. personne n’est choqué par l’emploie du mot mortier? tout le monde sais que ce ne sont que de vulgaires feux d’artifices? ou c’est juste pour accentuer la peur que peux provoquer ce genre d’information?

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    • Comme je ne sais pas fabriquer ce genre « d’armes », j’avoue que me parler de mortier ou de feux d’artifice ne fait pas grande différence. Je sais juste que des feux d’arifice envoyés non verticalement pour faire des effets artistiques mais horizontalement ou vers une cible peuvent être extrêmement dangereux ! De toute façon, le problème, me semble-t-il, va bien au-delà de cette différence de matériau. Je suis cependant d’accord sur le fait qu’il faille être très attentifs aux mots employés. Ils sont rarement neutres, surtout lorsqu’ils sont répétés par nos perroquets de service qui ne font que reprendre des communiqués de presse rédigés avec minutie…

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  2. Des jeunes qui attaquent les forces de police et l’armée, dans la cadre du « printemps arabe » (sic), c’est louable. S’ils détruisent des biens publics, c’est parfait. D’ailleurs, « la communauté internationale » leur fournit des armes, du renseignement et des formations à la guérilla urbaine comme nous l’avait ouvertement annoncé Alain Juppé et l’a confirmé Laurent Fabius.
    En revanche, en France, les mêmes sont des « racailles » nous dit l’un ou « des auteurs de faits inacceptables » nous dit l’autre. “L’ordre républicain doit retrouver toute sa place”, ajoute le ministre… Cherchez l’erreur.
    Que dirons-nous quand le Qatar, toujours « notre ami » dont les avantages fiscaux en France n’ont pas été remis en cause depuis trois mois à ma connaissance, financera une formation à la guérilla urbaine pour aider des « rebelles » à défier des forces de l’ordre violentes à leur encontre et une police qui ne les « respectent » pas ? Pourquoi ne devrons-nous pas l’accepter ? Comment d’un côté s’exprimer pour dire qui doit diriger un pays ou quitter le pouvoir, et de l’autre ne pas vouloir l’intrusion d’autres pays dans les relations qu’un gouvernement entretient avec les ressortissants ou les habitants de son pays ? Les Etats-Unis qui financent des jeunes « plein d’avenir » pour faire ensuite du lobbying pro-américain (n’est-ce pas Sarkozy et les autres maintenant issus du 9-3?), le Qatar ou l’Arabie saoudite qui financent des groupes religieux et des imams variés…
    Résolvons déjà en interne nos soucis intérieurs, en tenant à distance ceux qui n’ont pas l’intérêt de notre pays en tête mais celui de leur propre pays (et c’est normal), avant de faire la morale et financer des groupuscules dont il est facile de voir ensuite les actions en Lybie, en Tunisie, en Egypte, au Mali, en Irak, en Afghanistan, en Syrie. Sans oublier nos chers amis du Bahrein dont nos gouvernements successifs n’ont rien à dire…
    A Amiens, c’est juste la continuité de politiques morales erratiques, mais financièrement fructueuses pour TOUS les gens de pouvoir.

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    • Malheureusement les personnes qui en parlent, sont des racistes, des nazis et des fascistes. J’espère que le peuple puisse comprendre dans quel bourbier on l’installe.avant qu’il ne soit trop tard.

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      • Pour certains, sans doute mais pour beaucoup, c’est surtout être dans l’air du temps. Résister, même intellectuellement, demande un effort de réflexion personnelle, de remise en cause, motivée, de l’ordre établi. Et ce n’est pas facile quand la manipulation mentale est érigée en système de gouvernement dans quasiment TOUS les pays. La seule question pertinente que nous devons TOUJOURS nous poser, « pourquoi cette information, maintenant ? » Et en creux, « pourquoi la disparition ou l’absence d’information, maintenant ? ». Le recours à la notion de racisme est l’alibi facile et il fait aussi partie de la manipulation mentale : qui veut être taxé de racisme ? Alors, il faut penser comme ceci ou comme cela…

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  3. bonjour,j’aimerai bien avoir la version,du ct de ces jeunes…..pourquoi tjrs l’info sens unique.C’est pas une critique mais je suis une mre de 5O ans qui vivait paisiblement dans le gers.Et l j’habite Montpellier,surtout au mois d’aout…je me pose des questions?

    Le 14 aot 2012 17:39, « Le Journal du Sicle »

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