L’Espagne se rapproche du scénario catastrophe tant redouté par Bruxelles

L’Espagne est entrée dans une « spirale de la mort« , lâche Richard McGuire, analyste chez Rabobank, en évoquant la possibilité qu’elle ne puisse plus faire face aux échéances de sa dette.

« Alors que les perspectives pour les finances publiques espagnoles sont toujours étroitement liées au secteur bancaire, il reste un risque très important que le gouvernement doive demander son propre sauvetage« , remarquent les analystes de Capital Economics.

Vendredi, au moment même où la zone euro bouclait, enfin, le plan prévoyant une enveloppe maximum de cent milliards d’euros pour les banques, asphyxiées par leur exposition à l’immobilier, un vent de panique a balayé les marchés.

La Bourse de Madrid a perdu près de 6%, les taux d’intérêt espagnols ont dépassé les 7%, proches de leur plus haut historique, et la prime de risque, le surcoût que doit payer l’Espagne par rapport à l’Allemagne, pour se financer, a dépassé les 600 points de base, un record.

Car, alors que les mauvaises nouvelles ne cessent de s’empiler, les solutions présentées comme des recours montrent déjà leurs limites. Ainsi la nouvelle cure de rigueur, associant rentrées supplémentaires et coupes budgétaires, risque d’aggraver la récession.

« L’austérité frontale va probablement aggraver et prolonger la récession. Le chômage (24,6% désormais prévu pour 2012) pourrait augmenter encore à court terme, accroissant le risque d’un revers politique » pour le gouvernement de droite, souligne Christian Schulz, analyste de la banque allemande Berenberg.

Et si les taux d’intérêt continuent de grimper, « l’Espagne risquerait de perdre l’accès aux marchés« , remarque-t-il.

Des prévisions déjà battues en brèche par les analystes de la banque Citi, qui annoncent un repli du PIB de 2,1% en 2012 et 3,1% l’année prochaine.

Pour Daniel Pingarron toutefois, l’hypothèse d’un sauvetage global « même si elle semble évidente, ne semble pas proche » en raison de son coût énorme, évalué à 500 milliards d’euros, et des risques dévastateurs pour la zone euro.

« Le sauvetage total de l’Espagne et la contagion ultérieure à l’Italie, peut-être pour 700 milliards d’euros, serait inabordable pour la zone euro« , souligne-t-il.

Car après l’Irlande, le Portugal et la Grèce, le scénario serait tout autre: l’Espagne représente 12% de l’économie de la zone euro, contre 6% pour ces trois pays réunis.

Source : AFP / RTBF



Catégories :Austérité, Espagne, Euro, Europe, Pacte Budgétaire Européen

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